L’union, Châlons en Champagne , 3 juin 2016

« ...autre pépite bien connue des habitués du festival Furies, le P’tit Cirk a dévoilé sa dernière création EDEN, hier soir, au cirque historique. Le duo composé de Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge, a lâché une capsule de bonheur… Souvent drôle, tendrement émouvant, EDEN n’a pas tardé à embarquer le public dans son univers où la folie douce est reine... »

Télérama, annonce du 3 Juillet 2013

Hirisinn ("les poils qui se dressent en breton") : un titre énigmatique pour la création 2013 de la compagnie contemporaine Le P’tit Cirk.
Sous leur chapiteau, les quatre circassiens jouent avec les lignes, verticales et horizontales, grâce à leurs agrès-trapèzes, arceaux et anneaux chinois.
Ils se croisent et se décroisent, se lancent et s’envolent en musique, pour mieux raconter les liens qui existent entre les êtres humains.

Stradda, Janvier 2013

Hirisinn - poils hérissés en breton - évoque le frémissement, les cheveux dressés sur la tête et les quatre circassiens de talent et les deux musiciens en direct nous promettent quelques frissons poétiques. Entremêlant les générations, ces artistes sur piste explorent sans paroles, les liens humains, physiques, les élans qui font gonfler le cœur. Une recherche entre verticalité des disciplines aériennes et horizontalité des anneaux chinois dans une simplicité qui n’est qu’apparence.

LA SCÈNE, Hiver 2011

"Comment fonctionne-t-on ensemble au cirque ?
"Sortis du Centre National des Arts du Cirque (CNAC) en 1989, Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge ont rapidement travaillé avec des compagnies aussi prestigieuses que le Cirque du Soleil ou Archaos...avant de croiser pour huit années la route des Arts Sauts....La création Hirisinn (qui signifié "cheveux dressés sur la tête" en breton) entend poser quelques questions relatives au cirque : "Comment fonctionne l’ensemble au cirque ? Y a t-il un ensemble ? ... Le lien, celui qui réunit deux partenaires sur la piste sera l’enjeu principal d’un spectacle qui fera appel à différentes techniques de cirque. Le spectacle traitera aussi de la transmission, puisque deux générations de circassiens se retrouveront sur la piste et confronteront leurs deux approches du cirque actuel..."

L’ÉCHO, 20 août 2013

« Hirisinn, l’histoire de la vie »
Bien sûr, comme dans toute histoire, il y a une histoire. Celle racontée par les quatre acrobates et voltigeurs du « P’tit Cirk », parle de filiation, de transmission, d’amour aussi. Il y a cet homme, crâne chauve, et deux garnements échevelés. Il y a cette femme aussi, ballottée, écartelée entre les trois. Au trapèze, aux anneaux chinois, à même le sol, sur les câbles et les poteaux du chapiteau, tous se courent après, se suspendent, se torturent, volent, tombent…


Mais ce qui se joue pendant plus d’une heure sous ce chapiteau, c’est tout simplement la vie. Avec ses émotions brutes, celles que d’ordinaire, on tente d’enfouir bien profond, trop profond, pour que personne ne puisse les lire. Celles qui déchirent les visages du public quand le trapèze devient le seul lien qui relie les artistes à la réalité. Celles qui éclatent des gorges de tous, adultes et enfants, quand l’un des voltigeurs, soudain, se fait clown. Celles qui perlent au coin des yeux quand l’accordéon, là-haut se fait plus tendre et que le sax se la joue mélancolique. Et puis celle qui transcende tout, l’amour. L’amour de l’art, tant ces hommes et cette femme donnent. L’amour des autres, qui rayonne. L’amour du frisson (comme on aime les détester, ces acrobates fous qui se jettent dans le vide !). L’amour tout court.
Qui aime la vie et ne craint pas de la vivre pleinement, entrera donc sous le chapiteau du « P’tit Cirk », pour en prendre une grosse goulée, « Hirisinn », c’est de la magie, de la folie.

L’ÉCHO, 8 août 2013

Hirisinn, Cirque aérien et musical
… Le trapèze devient dès lors prétexte à une jouxte intergénérationnelle, traçant un nouveau sillon dans l’histoire du P’TIT CIRK, une histoire de filiation, de don de soi. On en frémit d’avance…

OUEST-France, page départementale, 27 Mars 2013

« Hirisinn ou les voltiges de l’amour »

Le 4e spectacle de la compagnie Le P’tit cirk offre une résonance poétique au thème de l’altérité. Au centre de la piste, quatre personnes se rencontrent, se cherchent un langage commun et échangent entre l’aérien et le sol, entre amplitude de la voltige et regards intimes.
« Ce spectacle n’est pas une histoire à proprement parler, c’est un moment vécu. » Ainsi parle Danielle Le Pierrès, cofondatrice, avec Christophe Lelarge, de la compagnie installée en Côtes-d’Armor. Autour du couple qui peut revendiquer une expérience de 30 ans dans l’univers circassien (Arts sauts, Cirque Plume, Cirque du soleil...), deux jeunes acrobates, « des nouveaux venus dans le métier », mettent en scène avec eux ce rapport à l’autre.
Car si les techniques de cirque sont bien là (jeux d’acteurs, anneaux chinois, trapèze, cadre aérien), « ce n’est pas un enchaînement de performances physiques mais une sensibilité qui s’exprime. On souhaite mettre en avant la relation entre des personnes qui cherchent à communiquer une émotion ». L’illustration sonore est assurée en direct par deux musiciens, un saxophoniste et un bandonéoniste. Perchés, ils jouent une musique écrite pour le spectacle. L’ensemble donne une esthétique à la fois chaleureuse, naturelle et lumineuse.
Hirisinn est un mot breton qui se traduit en français par « poils qui se hérissent ou cheveux dressés sur la tête ». C’est au cœur d’une émotion pure, entre les frissons offerts pas les voltigeurs et les frémissements d’une rencontre réussie que plongent, sous le chapiteau de la compagnie, 350 spectateurs réunis autour de la scène centrale et circulaire.

OUEST-FRANCE, toutes éditions, 18 Février 2013.

Dans l’ambiance feutrée de son chapiteau, la troupe du P’TIT CIRK n’a nul besoin d’artifices et d’esbroufe. Trapèze, anneaux chinois et instruments de musique sont les seuls ingrédients au menu d’Hirisinn, la dernière création du P’TIT CIRK... Avec Hirisinn, cette tribu du nouveau cirque renoue en quelque sorte le traditionnel qui a toujours été associé à des grandes familles...
"Nous partons d’une technique de cirque traditionnel et l’alimentons à notre manière pour provoquer du jeu entre chaque personnage. L’histoire se construit à partir de nos improvisations." Analyse ainsi Danielle Le Pierrès. Le tout est joué en musique, la marque de fabrique de la Compagnie. Haut perchés sur leur plateforme, deux musiciens accompagnent et subliment les performances terrestres et aériennes des circassiens. Le son du saxophone et du bandonéon ponctue cette poésie espiègle et familiale.

KRITIK, magazine culturel de l’ ouest

"2", Le P’ tit Cirk : Très grand P’ tit Cirk  !
C’ est comme le début du monde. Il est de ces spectacles qui remuent le ventre des émotions. "2" est un mirage qui d’ un coup de trapèze nous emporte dans les airs et nous colle au plafond du petit chapiteau dans lequel il prend place. Dans cette cavalcade circassienne en sabots de bois, jongle et acrobaties forment le terrain de jeux de deux personnages dont l’ espièglerie et la spontanéité flirtent avec la profondeur des sentiments. Entre terre et ciel, entre deux bougies d’ anniversaire, se raconte une attente, une attention particulière à l’ autre. Solitudes, effleurements, la piste est joyeuse, innocente, et témoigne de cette nécessité du frottement.
Dans cette troisième création du P’ tit Cirk, Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge continuent leurs explorations autour du trapèze, de l’ aérien et du clown. Ils façonnent des personnages lunaires avec une grande justesse, des enfants du paradis, forts, à la rigueur taquine, à la minutie aiguë comme un papier de bonbon froissé. Superbe morceau de mime, "2" évite les écueils de la performance grandiloquente et suggère une poésie dans laquelle les corps sont évidents, les gestes sont délicats et les regards d’ une intensité merveilleuse. Tout dans ce spectacle appelle l’ humilité, la tendresse et l’ humour. Ombilical !
Anne WARIN / Février 2010

La Stradda, le magazine de la création Hors les Murs

« 2 » est un petit moment de tendresse à partager, trente brève minutes aussi précieuses que l’éphémère d’une étoile filante. Un court instant à l’abri d’un monde…au cœur d’un autre. Dans ce ballet aérien minimaliste, le duo formé par Danielle Le Pierres et Christophe Lelarge fait plaisir à voir. Après « Tok » (création 2006), ces anciens artistes du Centre national des arts du cirque et des Arts Sauts ont su rester fidèles à leurs envies artistiques « épurées, sans artifices, jouant sur le simple et non le grandiose, sur la fragilité… »
Une technique circassienne au service d’un univers sensible, d’une scénographie les yeux dans les yeux,, tendrement humaine.

Arneault AIMEREUX / Avril 2009

Les Trois Coups

2, de Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge « Beau comme un sourire »
Danielle Le Pierrès et Christophe Lelarge sont sortis en 1989 de la première promotion du CNAC (Centre national des arts du cirque). Leur parcours est riche et peu banal, des Fratellini au Cirque du Soleil en passant par les Arts sauts... Ils l’ont roulée, leur bosse. C’est en 2004 qu’ils fondent leur compagnie, Le P’tit Cirk, avec trois autres camarades de jeu. Comme le titre l’indique, « 2 » est un duo. Unis comme deux rimes embrassées, Comment vous dire la magie qui se passe de mots ? Enfermer dans la sémantique ce qui n’est que sentiments et émotions profondes ? Voilà qui est bien difficile d’autant que mes yeux sont encore humides de la tendresse palpable qui émane de ce spectacle pétri d’amour et d’espièglerie.

Que vous dire ? Ils sont deux. Ils ont deux chapeaux, un trapèze et une boîte et... ah, oui ! un chapiteau pour y loger leur « art-en-ciel ». Ils sont un homme et une femme grimés en clowns sobres et joyeux. Ils causent en regards et sourires, assis au centre de la petite piste. La force de leur lien est cette base complice qui tisse le rire et la poésie du spectacle, qui le rend possible. Il y a aussi un air d’accordéon qui semble composé au tempo du trapèze et avec toute la gamme de sentiments qui traverse l’air d’elle à lui, et de lui à elle.

Une histoire ? Peut-être. Celle d’un anniversaire – de qui est-ce l’anniversaire ? Quelle importance ? – où l’on s’offre le plus beau cadeau qui soit, trésor sans pareil : une fraise Tagada. Ou encore, l’histoire du jeu – pas du jeu de l’amour-séduction, non, cette paillette menteuse n’est pas de ce monde-là ! -, du jeu enfantin de la balançoire au cache-cache, du chapardage taquin au je-te-tiens-tu-me-tiens. Un conte sur la tendresse d’enfance, sur l’amour généreux, pas gnangnan pour un sou. Juste tendre et profond. Et c’est vrai qu’ils se tiennent. Ces deux êtres de fragilité se veillent, ne se perdent jamais des yeux même lorsque les paupières sont closes. Alors ? C’est une histoire de cœurs qui battent, racontée par des pulsations, des gestes simples, de douces farces et une infinie douceur. Et quand ils sortent, émus et attendris, enfin redevenus souples et perméables, les spectateurs ont droit à leur fraise Tagada. Jolie matérialisation d’une volonté d’offrir au public une part du trésor qu’ils renferment.

Lise Facchin / juin 2009

Le Journal de Saone-et-Loire

Moment de grâce
Deux et un chapiteau, 2 et deux chapeaux, 2 et un trapèze... et c’est tout : simple, pur, rafraîchissant, tendre et inventif. Ils attendent, et en attendant ils se regardent, s’aiment et se font rire. Des petits riens jolis, créatifs qui font un grand tout talentueux , on en veut encore et encore. Pour les amoureux du beau, du vrai, de l’imaginaire… et pour les amoureux tout simplement !

Anne Prost / 25 juillet 2009

Chronique Chalonnaise

« 2 » du P’tit Cirk, c’est de l’émotion pure. C’est beau. Pas de bla bla. Pas de chi chis. En une demi heure, dans un tout petit chapiteau, vous sortez avec le sourire, les yeux écarquillés ; vous avez côtoyé le grand.

Un anonyme, festival Chalon dans la Rue / juillet 2009

La Stradda, le magazine de la création Hors les Murs

TOK « Véritable foyer de création, le FAR de Morlaix 2007 cachait dans sa programmation une petite perle : le spectacle de cirque de l’année. Une fantaisie burlesque et poétique imaginée et interprétée par Danielle Le Pierrès, Christophe Lelarge et Patrice Wojciechowski.Tout droit sortis d’un coffre à jouets, trois personnages déguingandés, menés par un tambour-major, font leur cirque à la lueur d’un vieux lampadaire. S’enchaînent une série de saynètes acrobatiques, tendres et enjouées. P’tit Cirk devenu grand ! »

Thierry Voisin, janvier 2008

Le Dauphiné Libéré

Coup de coeur : TOK, Entre cirque et poésie
Il est de ces univers enchanteurs qui ne laissent personne indifférent. Celui de "Tok", dont la magie ne faiblit pas une seconde et qui entraîne son public dans un voyage digne des plus beaux rêves d’enfants, en fait partie.
La compagnie du P’tit Cirk nous fait bien vite oublier qu’il s’agit d’un spectacle.
Qu’on le doive à ce décor épuré brillamment vivifié par une interprétation sans faille ou à cette mise en scène dans laquelle joie et mélancolie se côtoient dans une danse enivrante, une chose est sûre : la frontière entre cirque et poésie n’existe plus.
Sous le chapiteau, quatre protagonistes déroutants se partagent la vedette. "Madame le colonel", danseuse exceptionnelle, a bien sûr toujours le dernier mot... Elle est accompagnée d’un contrebassiste, dont la housse attend le moment propice pour s’animer, et d’un agile personnage aux bras étrangement longs victime d’un improbable lancer de ventouses.
Tous progressent au son d’un joueur de bandonéon impassible qui a aucun moment ne fausse compagnie à cette tendre évasion.
Rivalisant de trouvailles malicieuses, "Tok" s’achève sur une scène de trapèzes.

Amaury BARADON, août 2008

Télérama, supplément « sortir » T T T

Quand trois copains bretons qui s’envoyaient en l’air avec les Arts sauts rencontrent un musicien qui anime des fest-noz, qu’est-ce qu’ils font ? Des crêpes ? Non, un spectacle de cirque, et du meilleur cru(...)ce n’est pas du Toc, juste espiègle, grandiose et saisissant »

Thierry Voisin / octobre 2008

DNA – Dernières Nouvelles d’Alsace

La compagnie Le P’tit Cirk a monté son chapiteau à Phalsbourg pour y donner rime au son de bandonéons et autres clowneries musicales.
Le chapiteau du P’tit Cirk est solidement posé à terre comme tout chapiteau de cirque. Mais à bien y regarder un chapiteau a, de loin, des allures de chapeau. Oui Tok veut dire chapeau en breton.

La raison du cirque est la plus forte et la plus belle.
Et quand on sait ce qu’un coup de vent sait faire avec un chapeau on peut s’attendre à beaucoup. Sauf qu’avec Tok la tempête et la fantaisie est sous le chapeau. Voilà un spectacle où on entre sans « toker » pour être enveloppé dans une ambiance feutrée de tendresse. Les artistes ont travaillé à partir d’images de leurs corps dans un univers de trois fois rien. Ils ont su transformer ces deux dimensions en une troisième représentée par l’émerveillement… Le spectacle se joue sur une place délabrée : un cercle entouré d’une palissade avec une porte en planches grossières. A droite, un kiosque à musique ouvert à tous les vents, vents musicaux bien sûr ; à gauche un lampadaire flirtant avec le dôme du chapiteau. Arrivent petit à petit les « tokés » du P’tit Cirk : le groom et son calot rouge, un musicien et sa toque casaque et blanche, un éméché avec son melon aussi rond que lui, et une madame loyale, colonelle russe au képi rouge colère.
Ils ne parlent pas avec des mots mais tout est parlant en eux : les mimiques, les regards, les déplacements des corps et la musique. Cet univers, pourtant dénudé, devient objet à cirque. La palissade se métamorphose en castelet, le lampadaire en trapèze, le kiosque en boîte à musique, la housse d’un violoncelle en tapir.
La colonelle veut bien mettre un peu d’ordre dans tout cela mais la raison du cirque est la plus forte et la plus belle aussi. Les personnages sont tour à tour happés par les lois contraires à la pesanteur : la colonelle chante à l’envers sur le trapèze, l’éméché est de mèche avec le groom pour écrire des belles boucles trapézoïdales, et le musicien s’emballe avec des instruments biscornus. Une fois dans les airs, musicaux et célestes, le petit monde du P’tit Cirk a du mal à reposer les pieds sur terre, en témoigne leur descente tout en douceur du trapèze...

Une volonté de mettre au service du beau la performance physique.
Tok est du spectacle de grand art car pour arriver à cette parole de cirque enchantée, le travail est immense. On le perçoit non seulement dans les trouvailles travaillées jusqu’au confinement de l’anodin mais aussi dans une maîtrise des corps. Les mimiques sont précises et collent à la peur des personnages. Les acrobaties sont si belles qu’on en oublierait la force mise en œuvre qui disparaît ici comme un souffle.
La force poétique de Tok vient bien sûr de la délicatesse de ses scènes mais repose sur une volonté de mettre au service du beau la performance physique. Les spectateurs du festival de Phalsbourg ne s’y sont pas trompés : ils se sont levés comme un seul homme pour une ovation à vous emporter les chapeaux. Oui, chapeau donc, très grand coup de chapeau pour Tok !

D.M. / 1er Août 2009

La Terrasse, le journal de référence de la vie culturelle / Hors-Série : AVIGNON en scène(s) 2008

Quelques mesures de bandonéon sous les lueurs timides d’un vieux lampadaire, une portée de trombone à coulisse et des soupirs de contrebasse... Ainsi tournent les jours dans Le petit cirk, virevoltant au rythme du kiosque à musique. Derrière la palissade rouillée, c’est « Madame Le Colonel » qui mène la ronde sur la piste en coco, entre un air de trapèze et un drôle de tango. Le groom n’a qu’à bien se tenir et l’homme, déjà bien imbibé, retrouver la verticale et marcher droit, sous la houlette du musicien. Sauf que, dans ce monde-là, tout s’embrouille et tourneboule les habitudes de la pesanteur. Mariant les techniques du cirque, du cinéma muet, du mime, Tok frappe aux portes des mondes enfantins, pleins de nostalgiques chimères et de poésie brute.

Gw. D./ juillet 2008

Les trois coups.com

le seul journal quotidien du spectacle vivant

« Quand le cirque est créatif »
Loin de l’agitation des remparts, qu’il est bon, le soir venu, de s’enfoncer sur les petits chemins de l’île Piot, quand la fraîcheur et le calme baignent les bords du Rhône… Mais ne vous y trompez pas, au bout de la route, c’est un univers enflammé et coloré qui vous attend. Au détour d’un virage, un chapiteau apparaît, posé comme un roc au milieu d’une pelouse, et tout auréolé de guirlandes lumineuses. C’est là que Le P’tit Cirk présente « Tok », une création à la croisée des genres, qui, sans rien renier de ses fondements circassiens, s’ouvre allègrement sur d’autres horizons. C’est drôle, poétique, plein d’énergie. Un spectacle fort réjouissant dans un lieu, l’espace Vincent-de-Paul, qui semble regorger de belles surprises.
C’est dans un univers farfelu et décalé que nous nous retrouvons embarqués pour une heure à bord du P’tit Cirk. Un groom maladroit et timide, un contrebassiste en lutte avec son instrument, un accordéoniste bougon et revêche, et surtout Mme le Colonel, qui tente de tenir l’ensemble d’une main de fer : voilà les personnages de ce quatuor. Avec beaucoup de malice, et un brin de mauvaise foi, chacun tente au mieux de se faire une place dans ce monde à part. Les artistes, d’une impeccable maîtrise physique, impliquent totalement les corps dans leur interprétation. Chaque personnage se définit avant tout par une énergie, un tempo, une gestuelle qui lui sont propres. L’absence quasi totale de mots renforce cet impact des corps. Le rythme ainsi donné au spectacle lui confère une grande dimension clownesque et de beaux moments comiques.
Tok confirme, pour ceux qui en douteraient encore, que le cirque contemporain a plus d’un tour dans son sac, et sait faire preuve d’une abondante diversité. Loin d’être de simples techniciens, ces circassiens sont des artistes complets, qui apportent poésie, humour et imaginaire au spectacle. Les numéros de cirque pur, ici axés sur la voltige aérienne, sont parfaitement maîtrisés et d’un grand esthétisme. Le corps musclé et souple de Mme le Colonel s’envole dans un très beau solo de trapèze. Le contrebassiste et le groom se lancent, quant à eux, dans un numéro époustouflant de voltige, où le public, effrayé mais ravi assiste à des sauts de plus en plus risqués, mais toujours parfaitement maîtrisés. Pendant ce temps, l’accordéoniste accompagne le tout avec une grande créativité musicale et beaucoup d’intelligence.

Elise Noirand / avril 2008